Historique

Origine de la municipalité de Sainte-Ursule - Collaboration de Lucien Bellemare et Pierre Baril

Coin Principale et Saint-Louis Coin Principale et Saint-Louis, il y a bien longtemps!Au Québec, les cours d'eau sont souvent à l'origine du peuplement. En quittant les espaces riverains, on monte progressivement dans les terres.

Le territoire de Sainte-Ursule n'échappe pas à la règle. Dès le milieu du 19e siècle, il se détache résolument de Saint-Antoine-de-Padoue de la Rivière-du-Loup et de Saint-Joseph-de-Maskinongé, deux paroisses de notre région situées sur les rives du fleuve Saint-Laurent.

Malgré son peuplement déjà avancé, comment expliquer que le territoire de Sainte-Ursule tarde à devenir une paroisse? Comment expliquer que l'érection canonique date seulement de 1836, que l'érection civile ne fut promulguée qu'en 1840, que l'ouverture du registre paroissial, principal critère de l'autonomie d'une paroisse, ne date que de 1842 et que la municipalité ne débute officiellement qu'en 1855?

Historien originaire de notre municipalité, monsieur Lucien Bellemare fournit une explication de ce retard dans un document intitulé Historicité de l'église de Sainte-Ursule :

« Victime des hésitations de l'épiscopat face à la hardiesse du pouvoir civil anglais à revendiquer l'exclusivité de fonder de nouvelles paroisses en ce pays, la population déjà nombreuse établie sur le futur territoire de Sainte-Ursule dut attendre que le Parlement vote la Loi de 1832, pour sortir de la clandestinité, comme plus de cent futures paroisses catholiques le firent en 1835-1836 au Bas-Canada. Cette Loi, débattue et attendue depuis 30 ans, obligea les paroisses latentes à se manifester au grand jour, en demandant leur décret d'érection canonique, pour pouvoir obtenir leur décret d'érection civile, en prévision du Régime Municipal qui s'annonçait. Ce nouveau Régime implanté en 1855 allait supplanter le Régime seigneurial en vigueur jusque-là. »

Hier comme aujourd'hui, la goutte d'eau n'échappe pas à la mer. Au début du 19e siècle, l'évolution de notre territoire sera tributaire de celle de tout le Bas-Canada. En 1845, il y eu une première tentative d'instauration du régime municipal au Québec. Cette tentative s'avéra un échec : les élus municipaux n'avaient pas été initiés au fonctionnement de ce nouveau régime remplaçant le régime seigneurial. Et ce fut vite perçu comme une « machine à taxer ».

Pour suppléer à cette lacune, on instaura une première MRC (municipalité régionale de comté) dont le siège social fut fixé à Yamachiche. Le Bureau de direction fut formé d'un président et d'un responsable nommé par les membres de chacune des paroisses environnantes. Cette administration régionale dura jusqu'à l'implantation obligatoire du régime municipal en 1855.

Selon les procès-verbaux déposés dans la voute du bureau municipal, c'est en 1855 que monsieur François Lambert dirigea le premier Conseil municipal de Sainte-Ursule. Ainsi, la résistance des vaincus de 1760 fut récompensée par la condescendance des vainqueurs, nouveaux administrateurs du pays. Ne venait-on pas d'inventer un modèle qui perdure?

Sur le territoire de Sainte-Ursule, les premières maisons auraient été construites le long des chemins établis de part et d'autre de la Petite-Rivière-du-Loup (autrefois Rivière-aux-Frênes) : le rang de la Grande Carrière, celui de la Petite Carrière dans la Concession de Beaupré, celui de la Concession de Fontarabie et plus à l'ouest, à proximité de la rivière Maskinongé, le rang Crête-de-Coq (aujourd'hui rang des Chutes).

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